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Florence PELEAU-LABIGNE, est Directrice générale des services de la Région Centre - Val de Loire.

« Osons la mobilité géographique en ayant le courage de réinvestir un territoire. »

Florence PELEAU-LABIGNEest Directrice générale des services de la Région Centre – Val de Loire. Dans le cadre de notre série “Women Challenge” consacrée aux femmes dirigeantes territoriales, nous sommes allés à sa rencontre pour vous faire découvrir son parcours, sa vision du service public et ses défis en tant que femme dirigeante.

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SES MISSIONS AU COEUR DU SECTEUR PUBLIC

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🔑 Les temps forts de votre carrière ? 

Ma chance est celle d’avoir pu m’engager dans tous les niveaux de collectivités : commune, département, établissement public de coopération intercommunale (EPCI) et aujourd’hui région.

En commune, où j’ai d’abord été directrice de la communication, le député-maire m’a mis le pied à l’étrier sur des fonctions d’encadrement supérieur en me proposant le poste de directrice générale adjointe chargée des services à la population, misant sur ce qu’il avait perçu de mes capacités à faire.

A chaque fois, j’ai eu la chance de collaborer avec des élus qui ne m’ont pas enfermée dans ma spécialité de communicante et qui ont su percevoir ma capacité à animer des équipes.

En département, en Seine-et-Marne, j’ai  également été recrutée en tant que directrice de la communication et quatre ans plus tard, le président m’a proposé de devenir directrice générale adjointe chargée des ressources, puis directrice générale des services. A chaque fois, j’ai eu la chance de collaborer avec des élus qui ne m’ont pas enfermée dans ma spécialité de communicante et qui ont su percevoir ma capacité à animer des équipes, dans différents secteurs de la collectivité. La communication offre, sans doute, une chance particulière car elle permet de travailler à 360° avec l’ensemble des services de la collectivité et d’avoir une vision systémique des enjeux des territoires.

Une troisième étape importante a été l’année 2017, lorsque la ministre de la fonction publique m’a décerné la légion d’honneur, saluant mon parcours de femme dirigeante de grande collectivité, alors que nous étions encore peu nombreuses à ce type de postes. Un titre que j’ai pris au nom de toutes les femmes qui osaient les postes de direction générale.

🔎 Vos missions actuelles ?

Accompagner les élus dans la mise en œuvre des stratégies régionales. Animer et coordonner des démarches transversales des équipes, telles que l’innovation managériale ou encore la transformation numérique, en m’appuyant sur un collectif de directeurs généraux. Enfin, créer les conditions permettant aux équipes de produire un service public plus efficient en adoptant des pratiques plus innovantes, plus responsabilisantes et un management plus délégatif, plus en confiance.

🚀 Ce qui vous a poussée à rejoindre le service public ?  

Je suis tombée très jeune dans la marmite. Mes parents étaient politiquement engagés et la chose publique a toujours été très présente dans mon parcours. Le choix des collectivités s’est très vite imposé à moi et j’y ai réalisé toute ma carrière.

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WOMEN CHALLENGE

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💪 Une réussite dont vous êtes fière ?

Ce que je sais le mieux faire et dont je suis le plus fière, ce sont les démarches d’accompagnement managérial. En tant que manager mais encore plus en tant que directeur général, nous avons la responsabilité de l’ensemble des équipes. Il faut qu’elles soient les plus professionnelles, les plus impliquées, et il faut aussi que les agents prennent du plaisir à travailler, à innover et à s’aventurer dans des chantiers inconnus. C’est ce qui façonne un attachement singulier à une collectivité et c’est à nous de créer les conditions de cet épanouissement. Dans différentes collectivités, dans différents contextes, c’est toujours une mission que je suis fière de porter.

⛰️ Une difficulté ou un frein dans votre parcours ?

En tant que femmes dirigeantes, nous avons sûrement plus à prouver que les hommes qui seraient, “par définition”, compétents. Nous sommes sans doute plus surveillées, plus attendues et plus regardées.

Pour montrer que la place n’est pas usurpée, les femmes dirigeantes se fixent souvent elles-mêmes l’obligation de faire plus, de donner plus et de mériter plus.

Pour montrer que la place n’est pas usurpée, on se fixe aussi souvent nous-même l’obligation de faire plus, de donner plus et de mériter plus. Plus qu’un frein, c’est un défi qu’il s’agit de relever. 

💡 Vos conseils pour évoluer et accéder aux postes de direction ?

Oser et se faire confiance. Oser ne pas se laisser enfermer dans un type de poste, afficher des positions et porter des démarches qui donnent un éclairage différent sur les politiques menées. Saisir les opportunités, voire parfois les provoquer. Oser la mobilité géographique en ayant le courage de réinvestir un territoire, de mettre la caravane en route en embarquant avec soi, une famille. Oser écouter ses envies pour assumer un volume de travail conséquent en y prenant toujours du plaisir. A ce titre, il faut également savoir quitter une collectivité quand on n’y est pas en capacité de porter nos valeurs.

🎯 Votre prochain challenge ?

Bien faire mon travail et faire en sorte que chaque jour travaillé soit un jour d’épanouissement pour moi-même et mes collaborateurs.

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SES CONSEILS & INSPIRATIONS

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💫 Une femme qui vous inspire ?

Il y en a beaucoup ! Christiane Taubira, Simone de Beauvoir, Élisabeth Badinter ou encore Florence Arthaud. Des femmes indépendantes, courageuses et charismatiques.  

🦸‍♀️  Les qualités et les compétences qui font la différence ?

La première qualité c’est je crois l’écoute. Savoir écouter les élus, leur façon de parler du territoire pour comprendre quelles sont les valeurs et les ambitions qu’ils portent C’est également l’écoute des membres de la direction générale et des directeurs qui ont une fine connaissance de leurs dossiers et de leurs équipes. C’est enfin, une écoute des partenaires du territoire, des représentants du personnel, des agents, pour prendre le baromètre des perceptions et identifier les objectifs vers lesquels nous devons conduire les actions de la collectivité.  

Une seconde qualité importante, est je pense la capacité d’analyse. Une part importante de notre responsabilité est de donner de la lisibilité, de la cohérence et du sens à l’action publique. La capacité à mettre les situations dans le cadre de stratégies permet de ne pas faire de juxtapositions de faits et d’actes mais de bâtir et formuler une approche globale au service des habitants et d’un territoire.

Les causes qui vous tiennent à cœur ?

Un fil rouge qui guide mes engagements c’est le sens de la justice : dans la reconnaissance, dans la valorisation mais aussi lorsqu’il faut rétablir des situations d’injustice. Pas très loin de cela , il y a aussi la valeur de solidarité. Elle permet de se rappeler en permanence pourquoi on agit et donne du sens à l’action.  

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REGARD D’ÉLU.E

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Les mots de François BONNEAU, Président de la Région Centre-Val de Loire.

 

* Cette série de portraits est réalisée dans le cadre du défi « Objectif parité 2021 » lancé par le collectif Women Challenge (dont nous faisons partie 😉 ) créé autour de Clothilde Fretin-Brunet et Delphine Joly afin de mettre en lumière des femmes dirigeantes territoriales, d’encourager et d’accompagner celles qui souhaitent le devenir.

Ce projet est soutenu par le Ministère de la transformation et de la fonction publiques, des associations d’élus (Régions de France, l’Assemblée des départements de France, France urbaine, association des maires de France), des associations professionnelles (administrateurs territoriaux -AATF-, ingénieurs territoriaux –AITF-, dirigeants de collectivités –SNDGCT) ainsi que la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg.

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