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« Le service public doit avoir l’obsession d’améliorer en continu ses dispositifs. »

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Silvère Mercier est Chargé de mission Design des politiques publiques à la Métropole européenne de Lille (MEL). Il nous en dit plus sur son parcours, son métier et son envie de contribuer à la transformation de l’action publique.

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SON PARCOURS ET SON METIER AU COEUR DE L’ACTION PUBLIQUE 

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🔑 Les moments clefs de son parcours ? 

J’ai longtemps travaillé au sein de bibliothèques, au service des politiques publiques de la culture et de l’information. C’est à ces postes que je me suis intéressé aux questions touchant au numérique et à l’innovation. J’ai notamment été chargé de médiation numérique au sein de Val d’Europe Agglomération. A l’époque, c’était le premier poste sur ces questions en France ! Par la suite et toujours sur cette même thématique, j’ai travaillé à la Bibliothèque Publique d’Information (Bpi) du Centre Pompidou pour aider à la conception de dispositifs innovants afin de mieux transmettre les savoirs et connaissances. Depuis mai 2018, j’ai rejoint la Métropole Européenne de Lille (MEL) en tant que chargé de mission « design des politiques publiques ».

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👉 Son rôle au sein de la Métropole Européenne de Lille ?

Mon rôle consiste à développer la fonction « design » au sein de notre institution. La Métropole Européenne de Lille (MEL) a pleinement conscience de la nécessité de transformer l’administration à partir de l’intérieur. L’enjeu ? Faire évoluer les politiques publiques et mieux répondre aux besoins et aux attentes des citoyens. Le design des politiques publiques consiste à concevoir les services publics les plus efficaces possibles en répondant aux besoins des gens. Dans le design, les méthodes de conception des services publics laissent une place beaucoup plus grande à l’élaboration et à la conception de prototypes.

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« Dans le design, les méthodes de conception des services publics laissent une place beaucoup plus grande à l’élaboration et à la conception de prototypes ».

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Pour développer le design des politiques publiques en interne, nous nous appuyons notamment sur « La Transfo », programme créé par La 27e Région, qui vise à accompagner des administrations dans la préfiguration de leur propre fonction « innovation ».

Tout cela s’inscrit dans un contexte favorable, avec le soutien de la direction générale, des élus et un engagement de l’ensemble du territoire pour le design. La MEL sera d’ailleurs capitale mondiale du design en 2020. L’objectif de la candidature est de contribuer à cette dynamique ainsi qu’à la transformation de la vie des gens.

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🔎 Les qualités indispensables pour son métier ?

La première selon moi, même si elle peut paraître au premier abord décalée : l’opiniâtreté. La qualité du fonctionnaire est d’être obsédé par les dispositifs dont il a la charge pour faire en sorte qu’ils soient affinés et qu’ils fonctionnent bien. C’est un peu le parti pris du design, qui est d’aller évaluer, étudier sur le terrain, affiner, co-construire et faire élaborer.

La seconde qualité : l’esprit de partage. Ne pas garder pour soi les idées mais les partager ! Il faut avoir pleinement conscience qu’on est plus intelligent à plusieurs et qu’une solution utile pour un service public peut et doit être documentée pour  s’exporter. La concurrence entre les collectivités peut être néfaste. Il s’agit plutôt d’être dans un esprit de partage, d’implémentation des idées et de passage à l’échelle sur plusieurs territoires.

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« Il faut avoir pleinement conscience qu’on est plus intelligent à plusieurs et qu’une solution utile pour un service public peut et doit être documentée pour s’exporter. »

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SA PERSONNALITE

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👀  Comment il se définit ? 

Je suis un citoyen engagé pour un monde habitable en communs. Le service public doit avoir l’obsession d’améliorer en continu les dispositifs qu’il déploie. Aujourd’hui les efforts sont beaucoup trop consacrés à la planification au détriment de l’action efficace et évaluée. Ça peut faire rire mais au final, je suis « un obsédé des politiques publiques ! ».

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« Aujourd’hui les efforts sont beaucoup trop consacrés à la planification au détriment de l’action efficace et évaluée. »

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☝️Ce qui l’a poussé à rejoindre le secteur public ? 

J’avais envie d’être utile à la société et de contribuer à changer le monde.

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➡️ Ce qu’il aurait fait, s’il n’avait pas travaillé dans le service public ?

J’aurai sûrement fondé une SCOP ou une coopérative. Je suis convaincu que les solutions ne viendront pas que du service public mais de l’alliance du service public avec d’autres formes organisées dans la société civile.

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« Je suis convaincu que les solutions ne viendront pas que du service public mais de l’alliance du service public avec d’autres formes organisées dans la société civile. »

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📖  La phrase qui l’inspire le plus ?

« Un jour sans veille est un jour sans lendemain ». On ne peut pas innover si on ne s’informe pas énormément. S’inspirer pour agir !

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📢 Le meilleur conseil qu’on lui ait donné dans sa carrière ?

« Formaliser les choix politiques pour pouvoir les objectiver, en discuter et les évaluer ». Le design permet justement de clarifier des objectifs flous et des traduire en action, voire de faire émerger d’autres objectifs par l’action dans un cercle vertueux.

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🍰  Sa recette pour créer une dynamique d’innovation ?

Tous les ingrédients qu’on retrouve dans « La Transfo », programme créé par La 27e Région, laboratoire de transformation de politiques publiques : le temps, l’implication des agents, une dynamique « d’empowerment » et surtout une alliance de différentes approches. Il faut que les dynamiques du design, des communs et de la participation citoyenne convergent. Ce sont les ingrédients d’un territoire habitable !

 

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