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« S’autoriser à penser différemment, c’est déjà innover. »

Anne-Laure Guillerme est chargée de mission innovation publique santé et culture au Secrétariat général pour les affaires régionales (SGAR) des Pays de la Loire. Nous sommes allés à sa rencontre pour vous faire découvrir son parcours et sa vision de l’innovation publique.

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SON PARCOURS AU COEUR DE L’INNOVATION PUBLIQUE

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🔑  Les moments clefs de votre parcours ?

Je suis tombée dans la marmite de l’innovation publique dès mon premier poste ! En sortie d’IRA (Institut régional d’administration), j’ai intégré la Préfecture du Lot en tant que Cheffe du Service de la coordination des politiques publiques et de l’appui territorial. Sur ce poste, deux missions ont été particulièrement structurantes. Tout d’abord la nomination en tant que “référente départementale innovation” du Lab-O, le laboratoire d’innovations des services de l’Etat en Occitanie où j’ai découvert les outils et les méthodes qui permettent d’expérimenter de nouvelles manières de concevoir les politiques publiques et, très concrètement, ce qu’était un « lab ». Ensuite, le suivi, pendant un peu plus d’un an, de l’expérimentation lotoise « carte blanche pour mes services publics » lancée en 2017 à l’initiative du premier ministre et pour laquelle j’étais cheffe de projet en local. Carte Blanche, c’était nous donner la possibilité de repartir de zéro pour réinventer les services publics dans les territoires. Cette dernière expérience a été pour moi particulièrement révélatrice de la puissance de l’innovation publique. 

🔎  Vos missions ?

Depuis un an, je suis chargée de mission innovation publique, santé et culture, au Secrétariat général pour les affaires régionales (SGAR) des Pays de la Loire. Mes missions se situent à cheval entre 2 pôles : un pôle « Politiques publiques » et un pôle « Modernisation ». Mon rôle consiste à coordonner l’accompagnement des services de l’État en région dans leurs projets de transformation managériale, numérique et organisationnelle (méthodes). Et ce, principalement via Etat’LIN, le Laboratoire d’innovation publique de l’État en région Pays de la Loire dont je suis désormais responsable. J’y ai rejoint une équipe extrêmement dynamique, pluridisciplinaire, avec laquelle, loin d’une logique descendante, nous ouvrons des passerelles entre l’administration, les acteurs de l’innovation publique en région et les usagers. 

 👉  Un projet dont vous êtes fière ?

Sans hésiter, la « Carte Blanche » donnée au bassin de vie de Cahors pour transformer le service public. Cette démarche portée par la Direction interministérielle de la transformation publique  (DITP) et appuyée par les services de l’État dans le Lot nous a permis d’accompagner les acteurs du Lot (agents publics, opérateurs, élus, chefs d’entreprises, usagers…) afin de libérer leur créativité et leur capacité d’innovation. Ce qui est particulièrement motivant c’est d’embarquer large ! 10 mois après le lancement, 5 solutions ont été imaginées pour répondre aux problématiques de ce territoire. Dans ce type de projet, on est fier de donner à voir des exemples inspirants de transformation pour impulser l’envie de les rendre reproductibles.  

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SA VISION DU SERVICE PUBLIC

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🤔 Pourquoi le secteur public ?

Depuis le lycée, j’ai souhaité m’engager dans des cursus les plus généralistes possibles, pour ne me fermer aucune porte. En conséquence, ce qui m’a séduit dans le service public, c’est la grande variété des métiers que l’on peut y occuper. 

Ce qui m’a séduit dans le service public, c’est la variété des métiers.

Très concrètement, ce qui me motive le plus, c’est de pouvoir avoir un impact positif dans le quotidien des gens. L’intérêt général, c’était assez évident, je ne me voyais pas évoluer dans des logiques commerciales de vente. 

🚀 Comment impulser une dynamique d’innovation ?

Le pré-requis c’est d’être soi-même convaincu du potentiel de la démarche. Ensuite, je pense qu’il faut dédramatiser ou tout du moins relativiser la notion d’innovation. En effet, c’est une notion très relative : s’autoriser à penser différemment, c’est déjà innover. A ce titre, tous les agents publics sont des innovateurs potentiels. Pour embarquer, pour créer la dynamique d’innovation, il faut donc embarquer large et adopter une posture humble afin de permettre à chaque potentiel de s’exprimer.  

⚡️ Le plus grand défi à relever pour demain ?

L’enjeu qui me semble prioritaire dans le service public, c’est la transformation numérique : la dématérialisation, la modernisation des outils de travail, l’archivage numérique… en découle des enjeux de management et de méthodologie pour créer les modalités d’une innovation publique collaborative basée sur des logiques de participation, de montée en compétence des agents publics et d’implication des usagers et citoyens. 

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SES INSPIRATIONS

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☁️ L’innovation publique dont vous rêvez ?

Une innovation publique totalement intégrée dans nos structures : l’idéal serait qu’on ne parle même plus d’innovation!

💫 Un projet qui vous inspire ?

Plutôt un lieu, le Lieu de la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP). C’est un espace de créativité idéalement situé dans Paris, parfaitement designé, bien outillé, et on s’y sent tout de suite à l’aise et créatifs… c’est un lieu particulièrement inspirant !

👉 Un conseil ?

Lancez-vous ! L’administration a besoin de vos talents. .

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