JE M'INSPIRE

Articles, interviews et portraits d'acteurs publics inspirants

La singularité de chacun est un atout pour le collectif.

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Remy Berthier est responsable administratif et financier à l’Eurométropole de Strasbourg. Il est également membre du bureau de l’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF), expert auprès du Conseil de l’Europe, instrumentiste en orchestre et écrivain à ses heures perdues. Cet administrateur territorial multi casquettes nous en dit plus sur son parcours, son métier et son envie de contribuer toujours plus à la transformation de l’action publique.

Nous sommes allés à sa rencontre pour vous faire découvrir son parcours, son métier et son envie de contribuer à la transformation de l’action publique.

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SON PARCOURS ET SON METIER AU COEUR DE L’ACTION PUBLIQUE 

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🔑 Les moments clefs de son parcours ? 

J’ai une double formation : j’ai cumulé une spécialisation en sociologie politique avec une formation d’ingénieur en organisation et informatique de gestion. Après ce cursus atypique, j’ai débuté ma carrière comme ingénieur consultant pour de grands groupes : PSA, La Poste, le Crédit Mutuel etc. J’intervenais aussi bien sur la conception et le pilotage de nouveaux développements informatiques que sur des volets de conduite du changement et de transformation des organisations.

En intégrant le cabinet de conseil en informatique Axialog, j’ai créé la direction régionale Grand Est, direction que j’ai ensuite dirigée pendant 4 ans. Après cette expérience, j’ai rejoint la Communauté urbaine de Strasbourg, comme directeur des équipements sportifs du territoire (piscines, patinoires …) puis comme directeur de quartiers couvrant deux zones urbaines sensibles. Je suis ensuite devenu Directeur général des services d’une des villes du territoire : Oberhausbergen. Revenu à l’Eurométropole de Strasbourg, j’ai pris la responsabilité administrative et financière du pôle « Construction et patrimoine bâti ». C’est à ce poste que j’ai eu le bonheur de réussir l’examen professionnel d’administrateur territorial.

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☝️Ce qui l’a poussé à rejoindre le secteur public ? 

Je voulais redonner du sens à ma carrière et contribuer à répondre aux aspirations des citoyens et de la société. C’est un choix que je ne regrette pas !

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Je voulais redonner du sens à ma carrière et contribuer à répondre aux aspirations des citoyens et de la société.

 

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👀 Sa vision du service public ?

Le service public est aujourd’hui au cœur d’une injonction paradoxale : le niveau d’attente des citoyens est de plus en plus fort tandis qu’il existe une défiance toujours plus grande vis-à-vis de la qualité et de l’efficience des services publics. Par nature, le service public est évolutif et complexe car il doit s’adapter à la demande, elle-même en mouvement. L’image de la fonction publique renvoyée par les médias montre la nécessité de développer la capacité des cadres dirigeants d’enrichir leur vision stratégique et de la donner à voir.

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Le service public est aujourd’hui au cœur d’une injonction paradoxale : le niveau d’attente des citoyens est de plus en plus fort tandis qu’il existe une défiance toujours plus grande vis-à-vis de la qualité et de l’efficience des services publics.

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👉 Le plus grand défi de la fonction publique aujourd’hui ?

Selon moi, il existe un vrai défi managérial : être capable d’emmener ses équipes dans une démarche d’amélioration continue tout en les rassurant dans un contexte de remise en question du service public. C’est un peu comme un rôle de chef d’orchestre qui doit donner une âme à l’œuvre interprétée tout en sécurisant chaque instrumentiste.

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SA PERSONNALITE

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👀 Ses valeurs

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Miser sur l’individu. Permettre à chaque personne de donner le meilleur d’elle-même au profit de tous.

Faire bouger les lignes. Je dis souvent que chaque organisation a besoin de son « fou du roi », quelqu’un capable de se mettre en risque pour dire au « roi » ce que personne n’ose lui dire, tout en lui ouvrant le champ des possibles.

Rester toujours en veille. Il faut développer cette capacité à « faire l’éponge » dans notre quotidien pour s’inspirer de notre environnement, nos lectures, nos rencontres…

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➡️ Les causes qui lui tiennent à coeur ?

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Je crois beaucoup au collaboratif et à la force du réseau. En particulier, j’ai été à l’origine de la création du réseau collaboratif « LEPAT » des Lauréats de l’Examen Professionnel d’Administrateur Territorial. En quelques semaines à peine, la dynamique a été lancée et, à une seule exception, tous les lauréats des trois sessions ont rejoint le réseau ! Il s’agit d’un réseau informel d’entraide et d’échanges. Il regroupe aujourd’hui 150 cadres dirigeants de collectivités et d’organisations publiques répartis sur l’ensemble du territoire national, reconnus pour leur parcours singulier, et engagés dans les diverses associations et réseaux professionnels.

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Je crois beaucoup au collaboratif et à la force du réseau.

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J’aime également la transmission et le partage. En lien avec le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), j’ai contribué à l’émergence et à la mise en œuvre d’un parcours de formation de 3 jours pour préparer les candidats à l’examen professionnel d’administrateur territorial. En effet, à l’oral, ce ne sont pas tant les connaissance et la méthode qui font défaut aux candidats. Il s’agit plutôt de leur donner les clefs en terme de posture managériale, de capacité à prendre du recul sur leur propre parcours et de développement des qualités d’assertivité indispensables pour défendre leur vision stratégique. Chacune des sessions que j’ai co-animées s’est révélée une véritable aventure humaine qui a été vécue avec une grande authenticité.

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💪 Le plus grand défi qu’il a relevé ? 

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Je parlerais plus de « bascule » dans ma carrière que de défi. Pour moi, l’un des grands changements a été la réussite de l’examen professionnel d’administrateur territorial. Pour la première fois dans ma carrière, mon parcours atypique était vu comme un atout et non plus comme un frein. De plus, cela m’a amené à prendre du recul sur mes pratiques et modes de pensée et à déconstruire ma vision analytique d’ingénieur. Le plus important face à une situation complexe n’est pas la somme de connaissances accumulées mais bien la capacité à appréhender le problème dans sa diversité, de manière systémique, afin de prendre la bonne décision en intégrant l’incertitude.

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Pour la première fois dans ma carrière, mon parcours atypique était vu comme un atout et non plus comme un frein.

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Au final, cela m’a aussi permis de mettre des mots sur ce que je faisais de manière empirique et de découvrir le management situationnel. L’objectif est d’analyser la situation dans laquelle se trouve l’organisation et nos agents pour prendre les bonnes décisions en tant que manager en s’appuyant sur la capacité d’autonomie de chacun. Sur un voilier, le chemin le plus court est rarement celui de la ligne droite. Pour tracer sa route et avant de « tirer chaque bord », il faut prendre en compte tout l’environnement, en perpétuel mouvement.

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🙂 Ce qui le rend le plus fier ?

C’est quand d’anciens collaborateurs ou collègues me remercient quelques années plus tard pour m’expliquer comment ma manière d’être avec eux leur a permis de passer un cap dans leur carrière. C’est là où l’on s’aperçoit de l’impact que l’on peut avoir dans la vie de nos agents. Etre manager est une vraie responsabilité.

 

📖 La phrase qui l’inspire le plus ?

J’aime beaucoup cette phrase d’Oscar Wilde : « Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris ». En effet, je suis persuadé que c’est la singularité de chacun qui est un atout pour le collectif !  .

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© Jérôme Dorkel / Strasbourg Eurométropole

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