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L'Hôpital public - CHU de Lille

« La richesse de l’hôpital public c’est d’allier une grande diversité de métiers et de talents. »

Audrey SOKOLO est Élève Directeur d’hôpital actuellement en stage au CHU de Lille. Il nous en dit plus sur son parcours, son métier au cœur de l’hôpital public et son envie de contribuer à l’organisation de notre système de santé.

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SON PARCOURS ET SON MÉTIER AU CŒUR DE L’ACTION PUBLIQUE

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🔑 Les moments clefs de votre parcours ?

Je suis passé par Sciences Po Lyon. J’avais déjà envie de travailler dans le secteur public mais sans fonction précise en tête. Au cours de ma formation, j’ai pu effectuer différents stages dans le secteur public (préfecture, ministère…). Ces stages m’ont très vite orienté vers la préparation des concours administratifs. Le concept de continuité du service public est une idée que je trouve forte et importante. C’est une des raisons de mon engagement.

En troisième année d’études à Sciences Po Lyon, j’ai rejoint l’Université de Virginie aux Etats-Unis pour un échange d’un an. J’ai pu y découvrir de nouveaux modèles d’action publique avec une organisation administrative très différente. Cela a enrichi ma vision des politiques publiques et de l’administration. 

Après un an et demi de préparation aux concours à la Prep’ENA de Paris 1 et de l’ENS ULM, j’ai intégré l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).  

🎯 Votre programme dans cette école ?

La formation dure 24 mois avec trois stages clefs. Le premier permet d’aller sur le terrain pour comprendre le fonctionnement de l’hôpital. J’ai eu la chance de réaliser ce stage au CHU de Lille où travaillent plus de 16 000 personnes. Le second a lieu en dehors de l’hôpital public. Lors de celui-ci, j’ai découvert le pôle des affaires sociales de l’Ambassade de France au Royaume-Uni. Le dernier stage prépare à l’exercice des fonctions de directeur. Il dure 8 mois et se réalise dans la même structure que notre premier stage. J’ai débuté cette expérience en janvier 2020. Cette année, avec la crise du Covid-19, le contexte était très particulier mais il m’a permis de me projeter très concrètement et rapidement dans mes futures fonctions. 

👨‍⚕️ Pourquoi la fonction publique hospitalière ?

Travailler à l’hôpital n’était pas ma vocation première. Je voulais travailler en administration dans les affaires sociales. Mais c’est au cours de mon année de préparation aux concours administratifs que j’ai creusé cette piste-là. Le directeur d’hôpital travaille dans l’un des seuls services publics qui ne ferme jamais ses portes. C’est un métier qui permet de fédérer un nombre d’acteurs importants, tout corps de métiers confondus et qui a également une dimension territoriale très importante car nous travaillons avec de nombreux acteurs locaux. Les besoins ne cessant de s’accroître, notamment avec le vieillissement de la population, il s’agit d’une fonction clef pour le futur de notre système de santé.

Les besoins ne cessant de s’accroître, notamment avec le vieillissement de la population, il s’agit d’une fonction clef pour le futur de notre système de santé. 

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🚀 Votre rôle pendant la crise ?

Cela a été un moment intense et exceptionnel. Les équipes de direction et l’ensemble de la communauté soignante ont fait preuve d’une réactivité impressionnante. J’ai notamment été mobilisé sur les questions de télé-consultation mais également sollicité sur d’autres dossiers : commande et approvisionnement de surblouse, reprise de l’activité post-covid… J’en ressors avec beaucoup d’optimisme car il y a de nombreuses choses sur lesquelles on peut et on doit capitaliser dans l’organisation future. 

Cela a été un moment intense et exceptionnel. Les équipes de direction et l’ensemble de la communauté soignante ont fait preuve d’une réactivité impressionnante. J’en ressors avec beaucoup d’optimisme car il y a de nombreuses choses sur lesquelles on peut et on doit capitaliser dans l’organisation future..

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SA VISION DU SERVICE PUBLIC

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⚡️ Les grands défis à venir ?

Les organisations publiques hospitalières sont complexes car elles regroupent différents corps de métiers et de nombreuses réglementations. La crise a permis de remettre à plat un certain nombre de procédures et de retrouver un mode de fonctionnement plus souple et plus direct entre les différents corps de métiers de l’hôpital. Le CHU a réussi à créer des conditions propices aux évolutions organisationnelles, pour plus de simplification. Par la force des choses, nous avons dû nous adapter et déployer en un temps record des solutions telle que la téléconsultation, par exemple. Ceci étant, quand tout le monde regarde dans le même sens, c’est beaucoup plus facile de faire avancer les choses. Il faudra voir si ce fonctionnement pourra être pérennisé au-delà de la crise.

Quand tout le monde regarde dans le même sens, c’est beaucoup plus facile de faire avancer les choses. Il faudra voir si ce fonctionnement [ plus souple et plus direct pourra être pérennisé au-delà de la crise. 

 

🔮 Votre vision de vos futures fonctions  ?

Le métier de directeur d’hôpital a une très forte dimension managériale. Il faut faire parler des gens qui, spontanément, ne se parleraient pas. Il s’agit également de faire le pari de la confiance, mettre les bonnes personnes aux bons endroits, valoriser les agents avec lesquels on travaille et les faire progresser. C’est cette vision là que j’aimerais développer : un management collaboratif à la différence d’un management vertical. 

Il faut faire parler des gens qui, spontanément, ne se parleraient pas. Il faut avoir une vision transversale.

 

💚 Une cause qui vous tient à cœur ?

C’est le rôle de toutes les administrations publiques de promouvoir l’égalité des chances, de recruter des personnes qui viennent d’horizons différentes. C’est ce qui fait et fera sa force. Je suis très investi dans l’association La Cordée, qui promeut la diversité et l’égalité des chances dans l’accès aux métiers publics. C’est le rôle de toute administration publique de représenter l’ensemble de la société. Cela passe par la formation des fonctionnaires et les modalités de recrutement qui doivent faire émerger des talents venant de tous horizons de la société. Il y a une marge de progression importante en la matière. La richesse de l’hôpital public, c’est de pouvoir allier une grande variété de métiers avec des talents d’une grande diversité.

C’est le rôle de toutes les administrations publiques de promouvoir l’égalité des chances, de recruter des personnes qui viennent d’horizons différentes. C’est ce qui fait et fera sa force.

 

1 commentaire
    • Rousset
      Sep 03, 2020 10:37 Répondre

      Notre système de santé est riche de sa diversité, il y a les hôpitaux publics et les structures privées.
      Les structures privées ont les mêmes objectifs les mêmes missions que les structures publiques. Elles ont des contraintes différentes par exemple, une structure privée ne peut pas être déficitaire.. la crise du Covid 19, a révélé aussi, mais c’est resté Un peu sous silence, que « le privé » était discipliné et réactif sans beaucoup de compensations.
      A mon avis, de la coopération entre ces deux mondes que naîtra le meilleur système de soins du futur pour nos territoires.

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