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Innover dans le service public exige d’être ancré dans le réel pour éviter d’être « hors sol »… 

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Florian Graveleau est chef du service Innovation du Département de Loire-Atlantique. Il nous en dit plus sur son parcours, son métier et son envie de contribuer à la transformation de l’action publique.

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SON PARCOURS ET SON METIER AU COEUR DE L’ACTION PUBLIQUE 

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🔑 Les moments clefs de votre parcours ? 

Après avoir suivi des études de géographie et avoir rédigé un mémoire sur l’art contemporain et le “beau” dans la ville, je n’étais pas vraiment prédestiné à travailler pour le service public. Mais c’est au cours de ma première année en sous-préfecture que j’ai découvert le service public : d’abord au contrôle de légalité dans le domaine de l’urbanisme puis en tant que chargé de mission auprès du Secrétaire général de la préfecture du Maine-et-Loire. J’ai réussi ensuite le concours d’attaché territorial. Depuis 2012, j’ai rejoint le Conseil départemental de Loire-Atlantique : dans un premier temps en tant que conseiller en organisation puis, depuis 2016, en tant que chef du service innovation. 

 

☝️ Quelles missions pour le service Innovation ?

Le service innovation est composé de trois missions principales : 

Les études pour l’ensemble des services de la collectivité, avec notamment de l’analyse et du croisement de données, des enquêtes, de l’accompagnement des observatoires, des projections démographiques ou scolaires …. Cette mission met en avant l’importance des données pour aider l’ensemble des collaborateurs de la collectivité dans leurs travaux.  

Les veilles et benchmark dans une réflexion nationale et/ou internationale, opérationnelle et/ou prospective. Les travaux de veille doivent permettre d’enrichir les réflexions des directions par des analyses pertinentes et ouvertes sur le monde.

Le design de services qui s’inscrit dans une volonté de partir des usagers pour co-concevoir avec eux des réponses adaptées. Parmi les projets réalisés, nous avons par exemple participé à la rénovation du Centre Départemental Enfants et Familles (CDEF), à un guide pour les futurs parents en lien avec les missions de la Protection Maternelle et Infantile (PMI) ou contribué à repenser les usages d’un CDI de collège.

🚀 Et le laboratoire de l’innovation publique ?

Oui, le service innovation a également constitué le laboratoire de l’innovation publique du département. Il en assure la coordination et le pilotage. Le laboratoire a pour objectif de diffuser les bonnes pratiques, de créer des ponts entre les services, les projets, les envies et d’ouvrir à d’autres partenariats au sein de l’écosystème.

Le laboratoire a pour objectif de diffuser les bonnes pratiques, de créer des ponts entre les services, les projets, les envies et  d’ouvrir à d’autres partenariats au sein de l’écosystème.

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👉 Votre rôle au sein du service Innovation ?

Ma première mission est d’assurer l’encadrement des équipes. J’aime bien l’image du chef d’orchestre pour décrire ma mission d’encadrement. Bien entendu mon rôle ne s’arrête pas à cette fonction. J’assiste mes collègues pour répondre le mieux possible aux diverses sollicitations.

Mon souhait est « d’ouvrir le service » en créant de nouveaux partenariats. J’essaye de faire en sorte que le service innovation s’inscrive dans les enjeux de la collectivité ! Innover dans le service public exige d’être ancré dans le réel. On doit se garder de faire de l’innovation hors sol… Au sein du service, nous avons notamment mené des projets liés à l’aide sociale à l’enfance, aux routes ou encore à l’insertion.

Innover dans le service public exige d’être ancré dans le réel. On doit se garder de faire de l’innovation hors sol…

Il faut créer une dynamique autour de l’innovation. L’innovation ne peut pas rester le monopole d’experts ! C’est cette culture de l’innovation que je m’efforce de développer et qui constitue une des missions prioritaires du labo.

C’est cette culture de l’innovation que je m’efforce de développer et qui constitue une des missions prioritaires du labo.

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🔎 Les qualités indispensables ?

J’en donnerai trois principales :

La curiosité et l’ouverture d’esprit : s’inspirer de tous les domaines et avoir de l’appétence pour découvrir des nouveaux sujets. Les connaissances théoriques sont essentielles mais elles doivent s’ancrer dans la réalité du terrain. 

Le courage : être force de proposition, c’est aussi savoir prendre des risques ! Quand on réalise des projets nouveaux, ils peuvent par exemple échouer. 

L’empathie et l’humilité : il est important d’avoir des convictions et de mettre en place une relation de confiance avec ses collaborateurs. Je pense qu’il faut aussi expliquer le sens de notre démarche (pourquoi portons-nous ces projets ?) et être critique vis-a-vis de ses propres méthodes. 

 

➡️ Votre définition du service public ?

Ce sont des services qui doivent être justes pour tous et aider les plus fragiles. Ils doivent accompagner chaque citoyen dans leurs démarches au quotidien et être adaptés à leurs besoins. 

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SA PERSONNALITE

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👀  Comment vous définissez-vous ? 

J’accorde une importance toute particulière à l’équité. J’applique ce principe aussi bien auprès des usagers qu’auprès des collègues qui travaillent avec moi. Je ne fais pas de différence entre les métiers ou les profils, l’essentiel étant de travailler ensemble au service de l’intérêt général. A ce titre, j’essaye d’être ouvert, à l’écoute de toutes les propositions et d’être juste dans mes décisions.

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💪 Ce qui vous a poussé à rejoindre le secteur public ? 

Je ne connaissais pas grand chose au service public avant d’effectuer mes premières missions au sein de l’Etat. C’est au cours de ma première année en sous-préfecture que j’ai vraiment compris les valeurs du service public. Mes supérieurs de l’époque m’ont permis d’avoir des responsabilités, tout en m’accordant, une liberté d’action et la possibilité de m’exprimer pleinement…C’était une vraie chance ! On se lève le matin pour améliorer le quotidien des citoyens et, personnellement, c’est ma plus grande motivation.

 

On se lève le matin pour améliorer le quotidien des citoyens et, personnellement, c’est ma plus grande motivation !

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🔮 Ce que vous auriez fait, si vous n’aviez pas travaillé pour le service public ?

Je m’intéresse un peu à tout ! Je ne suis ni très scientifique, ni très manuel, mais de nombreux domaines auraient pu m’attirer.

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📖  La phrase qui l’inspire le plus ?

Il y a une phrase que j’aime beaucoup dans le film “La vie de Brian” des Monty Python :

Always look on the bright side of life.

On pointe toujours du doigt ce qu’il ne va pas cependant je suis convaincu qu’il faut une bonne dose d’optimisme pour réussir ses projets.

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😉 Le meilleur conseil qu’on vous ait donné au cours de votre carrière ? 

« Toujours partir du pourquoi plutôt que du comment ». Le sens doit primer sur la méthode. Il ne faut pas démarrer un projet sans être sûr d’en comprendre l’objectif. 

Un autre conseil est d’apprendre à lire le droit, à le comprendre, à en connaître les fondements et les principes, pour mieux savoir prendre en compte l’exception ! Nous sommes entourés de normes, d’obligations – et c’est indispensable – mais expérimenter exige aussi de faire un pas de côté. Savoir identifier cet écart est alors essentiel pour prendre les bonnes décisions et avancer.

Nous sommes entourés de normes, d’obligations – et c’est indispensable – mais expérimenter exige aussi de faire un pas de côté.

 

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⚡️ Un conseil pour les jeunes générations ? 

Le service public offre tellement de possibilités de carrières professionnelles ! Servir l’intérêt général est un privilège et il y a du bon à prendre dans tous les secteurs. Cultivez votre jardin et gardez un esprit critique et ouvert ! 

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