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« Chaque projet de transformation publique doit répondre à un vrai problème. »

Léna Ternot est Conseillère transformation de l’action publique et relations avec les usagers chargée de l’exécution des réformes au Cabinet d’Amélie de Montchalin, Ministre de la transformation et de la fonction publiques.

Nous sommes allés à sa rencontre pour vous faire découvrir son parcours, ses motivations et ses engagements au quotidien. 

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SON PARCOURS 

.🔑  Votre parcours en mots clefs ? 

Le « droit à l’erreur » : j’ai accepté de me tromper dans mon parcours. J’ai commencé par enseigner pendant trois ans, je me suis vite rendue compte que  je ne pourrais pas faire ce métier toute ma vie. Se tromper n’est pas toujours bien accepté, on recherche toujours la cohérence dans les parcours. Quand on n’est pas dans la bonne voie, il faut juste en changer, ce n’est pas cohérent mais c’est indispensable.

Les « managers de luxe » : j’ai eu la chance de croiser sur mon chemin de très bons managers, ceux qui vous poussent à aller toujours plus loin jusqu’à la limite de vos compétences. Pour moi, c’est cela être un bon manager !

 

J’ai accepté de me tromper dans mon parcours.

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🎯   Votre rôle aujourd’hui au sein du cabinet ministériel ?

Je suis conseillère transformation de l’action publique et relations avec les usagers, chargée de l’exécution des réformes au Cabinet d’Amélie de Montchalin. Quand on parle d’exécution des réformes, on pense souvent « tableau de bord de pilotage ». Mais pour moi, l’exécution des réformes revêt trois dimensions : faire avancer les projets, en mesurer les résultats et valoriser ce que l’on a atteint. Et il peut y avoir des freins à ces trois niveaux : si le projet est « bloqué », s’il n’est pas mesuré et si l’on ne communique pas sur ses résultats. Il y a aujourd’hui un gros décalage entre l’effort produit quotidiennement par les agents publics et la perception que les citoyens en ont : il faut faire en sorte de réduire ce décalage.

Il y a aujourd’hui un gros décalage entre l’effort produit quotidiennement par les agents publics et la perception que les citoyens en ont : il faut faire en sorte de réduire ce décalage.

 🚀  Ce qui vous a poussée à rejoindre le service public ?  

J’ai toujours voulu travailler pour le service public pour m’engager au service de l’intérêt général. L’énergie collective qu’on peut déployer pour une cause commune me passionne et j’ai souhaité en faire partie

💪  Ce qui vous rend la plus fière ?

D’avoir accepté de me tromper et d’avoir changé de voie ! J’ai poursuivi mon but alors que beaucoup me disaient que cela allait être très compliqué.

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SES CONSEILS

💚  Les causes qui vous tiennent à cœur ?

C’est l’humain. Dans la gestion de projets, il ne faut jamais perdre de vue qu’on travaille avec l’humain : quand on est usager, agent public, chef de projet, directeur d’un service, on est avant tout un humain. On fait d’ailleurs ce constat en gestion de projet : les projets qui avancent le mieux sont ceux pour lesquels on donne le sens, le cap, puis pour lesquels on encourage, on félicite. Etre utile c’est pour moi le premier moteur de transformation de l’action publique.

Etre utile c’est pour moi le premier moteur de transformation de l’action publique.

💫  La phrase qui vous inspire ?

J’aime beaucoup la citation de Roy Bennett “Do what is right, not what is easy nor what is popular.” C’est quelque chose que j’essaye de m’appliquer pour faire les choses le plus justement possible. Je suis très attachée à l’authenticité.

📚  Un livre que vous recommandez ?

Le livre d’Alexandre Jollien : Le métier d’homme. Handicapé de naissance, il donne dans ce livre un message essentiel : appréhender la vie comme un métier, se former, accepter l’erreur et l’humanité.

💡 Un conseil ? 

Ne pas se laisser enfermer par un cadre. On se crée souvent des barrières soi-même en se disant qu’autre chose n’est pas possible. En ce sens, j’aime beaucoup la citation de Marc Twain : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

☁️ La transformation publique dont vous rêvez  ?

C’est quelque chose de très concret. Dans le service public, on développe aujourd’hui des applis très performantes mais il ne faut pas oublier de s’attaquer aux courriersL’enjeu aujourd’hui est de remettre de l’humain : arrêter d’écrire aux gens qui sont décédés, réviser les courriers qu’on envoie aux gens qui sont en congés maladie longue durée… Dans la transformation publique, il faut s’attaquer aux vrais problèmes. S’il n’y a pas de vrai problème, cela ne sert à rien de lancer un nouveau projet. Changer la manière de s’adresser à des gens qui sont en difficulté, pour moi c’est répondre à un vrai problème.

Dans le service public, on développe aujourd’hui des applis très performantes mais il ne faut pas oublier de s’attaquer aux courriers.

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