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Redonner du sens à son parcours professionnel avec Clara Delétraz

Redonner du sens à son parcours professionnel avec Clara Delétraz

Clara Delétraz est une entrepreneuse engagée. Après avoir travaillé 6 ans au service de l’intérêt général dans le secteur public, notamment en cabinet ministériel avec Fleur Pellerin, elle a lancé la startup Switch Collective. Elle aide ainsi celles et ceux qui sont en quête de sens à inventer un parcours professionnel qui leur correspond grâce au programme “Fais le bilan”, un bilan de compétences nouvelle génération. Elle nous partage ses conseils dans l’art de se réinventer.

CRÉER UNE CARRIÈRE QUI A DU SENS

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🔑  C’est quoi une carrière qui a du sens ?

Il n’y a pas de job ou de carrière qui ait du sens en soi. C’est la question de ce qui fait sens “pour soi” qu’il faut creuser. Par exemple, une carrière qui a du sens n’est pas forcément une carrière dans l’humanitaire. C’est profondément admirable mais il y a de nombreuses autres manières de donner du sens à son travail. Pour s’inscrire dans une carrière qui fait sens pour soi, il faut parvenir à s’aligner du mieux possible avec ses valeurs, ses ambitions et ses singularités.

Il faut faire attention au fantasme du job idéal.

Il faut également faire attention au fantasme du job idéal. De plus en plus, les candidats en quête de sens se mettent beaucoup de pression en cherchant le job qui coche toutes les cases : être utile, gagner confortablement sa vie, vivre dans une ville qu’on aime… La quête de sens ne doit pas se transformer en quête d’un idéal impossible.

🔑  Les bonnes questions à se poser pour “faire le bilan” sur soi ?

Nous avons construit un outil qui s’appelle “la boussole” qui s’articule autour de trois questionnements. Le premier c’est trouver son “pourquoi” pour définir les causes qui nous tiennent à cœur. Le second, c’est trouver son “quoi” en s’interrogeant sur ce qu’on aime faire au quotidien, en termes de tâches et de méthode. Parfois on idéalise un job sans se rendre compte du quotidien du métier. La réalité peut être décevante. On peut rêver de devenir fleuriste pour les aspects créatifs du job mais se prendre un mur en s’apercevant qu’une grande partie du temps de travail est consacré à la gestion des stocks. 

On peut avoir un job qui fait sens pour soi, se sentir utile mais se retrouver en situation de détresse professionnelle quand les conditions d’exercice de nos missions ne nous correspondent pas.

Enfin, le “comment” correspond à l’environnement de travail dont nous avons besoin pour donner le meilleur de nous-même. C’est les gens avec qui on travaille, le type de structure, les marges de manœuvre, le style de management, le lieu de vie, la place de ce travail dans notre vie personnelle… On peut avoir un job qui fait sens pour soi, se sentir utile mais se retrouver en situation de détresse professionnelle quand les conditions d’exercice de nos missions ne nous correspondent pas.

🔑  Un conseil pour modeler son job avec son mode de vie ?

D’abord il y a des freins externes liés à une culture de travail. Malgré les preuves montrant que travailler plus ne veut pas dire travailler mieux, de nombreuses organisations ont encore du mal à surmonter leurs préjugés et leurs croyances profondément ancrées. Dans ce cas, s’il paraît impossible de faire bouger les choses, il convient parfois de quitter son employeur. Ensuite, il y a les mécanismes d’auto-censure. 

Le travail ne doit pas devenir un objet identitaire devant répondre à toutes nos attentes d’épanouissement professionnel et social.

Pour les lever et s’autoriser à créer plus d’espace pour un meilleur équilibre, il faut s’interroger sur la place du travail dans notre vie. C’est très important de bien calibrer son rapport au travail pour qu’il ne devienne pas un objet identitaire devant répondre à toutes nos attentes d’épanouissement professionnel et social.

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L’ART DE SE RÉINVENTER

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🔑  Les signes qui annoncent qu’il est temps de changer de job ?

L’ennui, le manque de stimulation et d’intérêt pour ce que l’on fait sont des signaux qui peuvent nous alerter. Souvent ils s’accompagnent d’une perte de sens et d’un sentiment de faire quelque chose qui ne sert à rien dans un monde en profond bouleversement. Mal de dos, fatigue chronique, burn out : les signes physiques doivent également nous alerter. Quand on a le sentiment de perdre la ressource précieuse qu’est notre temps, avec la conviction qu’on pourrait le mettre à profit autrement, alors, je crois qu’il est temps d’enclencher un mouvement.

🔑  Un conseil pour ceux qui veulent sauter le pas ?

Il n’y a jamais de bon moment en soi pour “switcher” il faut plutôt se demander quel est le bon moment pour soi. Parfois, ce n’est pas le bon moment. Changer de job demande une énergie que l’on n’a pas toujours en réserve dans ces moments de doutes. 

Il faut accepter qu’on ne peut pas tout mener de front.

Certains ont besoin de mettre cette énergie ailleurs pour développer un projet personnel ou pour fonder une famille. Sans pour autant renoncer, il faut accepter qu’on ne peut pas tout mener de front. D’autres ont besoin d’un changement rapide et radical. Il faut savoir mesurer les risques, sortir de sa zone de confort sans se mettre dans un inconfort intenable. Il ne faut jamais tout lâcher sans se poser les bonnes questions.

🔑  Les erreurs à éviter ?

Se lancer dans un nouveau job sans avoir testé en amont si le quotidien métier nous plaît. Dans le programme développé par Switch Collective nous aidons les candidats à tester de manière simple, rapide et peu coûteuse un métier avant de se lancer dans une formation ou une reconversion. Il ne faut pas s’arrêter à nos propres préjugés, qu’ils soient négatifs ou positifs sur un métier. On peut également s’informer par des lectures ou des podcasts qui permettent d’avoir des retours d’expérience et de plonger dans différents univers professionnels, avant de tout quitter.

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LES RESSOURCES POUR SWITCHER

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🔑  Un podcast ?

J’aime beaucoup “Vlan”, un podcast de Gregory Pouy qui donne la parole à des personnes aux profils et aux parcours très variés. Chaque invité partage sa vision de l’évolution du monde pour envisager l’avenir autrement, c’est très inspirant. 

Il y a aussi “Gatemeri”, un podcast de N’Geur Sarr qui interroge le sens de la réussite avec un angle un peu différent de celui qu’on retrouve dans les podcasts plus classiques qui s’intéressent aux parcours professionnels de manière très normée.

🔑  Une reconversion inspirante ?

Je pense à Manon qui était commerciale et qui, après avoir participé à notre programme “Fais le bilan” s’est reconvertie dans l’enseignement. Après avoir testé les conditions d’exercice du métier de professeur en situation réelle, elle s’est lancée pour donner plus de sens à son job. Avant de tout quitter, elle a pu échanger avec d’autres professeurs de la “Switch Family”, notre communauté de “Switchers”* dont l’un des groupes est dédié à l’éducation. C’est grâce à l’une des membres du groupe, qu’elle s’est dirigée vers un programme adapté : “Le choix de l’école” qui accompagne les jeunes actifs qui souhaitent se reconvertir vers l’enseignement.

* Les personnes ayant participé au programme “Fais le bilan” une alternative innovante au bilan de compétence proposé par Switch Collective.

🔑 Une citation pour passer à l’action ?

Celle de Jim Morrison : “Il n’y a pas de révolution à l’échelle collective sans révolution à l’échelle individuelle”. Chez Switch Collective nous sommes convaincus que pour contribuer à quelque chose de plus grand que soi, il est nécessaire de s’interroger d’abord sur soi.

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